Contexte du film "La charte des distractions"
Québec-Août 2013: une fuite, qui a toutes les allures d'un ballon d'essai, nous apprend que le gouvernement minoritaire du Parti québécois travaille à l'élaboration d'une charte des valeurs québécoises.
Novembre 2013: "La Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l'État ainsi que d'égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d'accommodement", projet de loi 60 est finalement déposé à l'assemblée nationale. "La charte" devient officiellement un enjeu électoral.
Ce projet de charte tel que proposé et défendu par le parti québécois, monopolise depuis plusieurs mois le débat public et, surtout, nous divise en deux camps opposés: "les pro ou les contre charte" qui ne s'écoutent plus.
Le documentaire "La charte des distractions" propose un regard critique qui reflète davantage la complexité des enjeux politiques, juridiques, sociaux, médiatiques et féministes derrière le projet de loi.
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Qui est derrière le film ?
99%Media, Les Alter Citoyens et
GAPPA, trois médias indépendants qui ont en commun des valeurs de
justice sociale, de solidarité et de défense de droits collectifs.
Pour faire connaissance avec nous:
http://www.99media.org/
http://gappasquad.wordpress.com/
http://lesaltercitoyens.com/
Octobre 2013, nous décidons de travailler ensemble à la
production et à la réalisation d'un film sur la charte. Voici une première bande annonce humoristique, réalisée par GAPPA, qui reflète ce que nous vivions face à la tournure du débat:
Nous avons choisi, pour notre film, de donner la parole à des intervenantEs que nous avons peu entendu et d'ouvrir sur des enjeux et questionnements qui nous rejoignent davantage comme médias indépendants.
Si nous pensons qu'on nous distrait de certains enjeux fondamentaux tels les mesures d'austérité, l'environnement et la répression de la dissidence, nous croyons qu'on cherche aussi à nous distraire dans la façon dont le débat est orienté et géré au plan politique et médiatique.
Le titre du film est choisi: La charte des distractions.
Dès le début, le projet se construit sur une base collaborative et démocratique où tout
est mis en commun: ressources, temps, matériel, forces de chacun.
Novembre 2013, nous terminons les entrevues.
Qui prend la parole dans le film et pourquoi ?
14 intervenantEs de différents horizons. Chacune de ces personnes, selon leur domaine d'intervention, critique les aspects qui les interpellent dans le projet de loi, se questionne sur sa justification, ses limites, son impact sur les relations inter-culturelles et nous propose sa définition d'un mieux vivre ensemble.
Voici quelques unes de ces personnes et les raisons qui motivent leur participation au film.
Cécile Rousseau:
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Je suis Cécile Rousseau, psychiatre, professeure titulaire au département de psychiatrie à l’université McGill. Directrice scientifique du centre de recherche du CSSS de la Montagne et clinicienne auprès des enfants immigrants et réfugiés dans des quartiers pluriethniques de Montréal.
J’ai accepté de participer à ce film parce qu’il donne une large place aux voix de personnes qui vivent directement les conséquences du débat social actuel et qu’il propose une compréhension complexe de celui-ci.
Widia Larivière (à droite de la photo):
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Je m'appelle Widia
Larivière. Je suis d'origine Anishnabe et je travaille chez Femmes
Autochtones du Québec. Militante féministe des causes autochtones, je
suis également co-initiatrice de la mobilisation québécoise du mouvement
Idle No More. J'ai accepté de participer à ce documentaire car il est
selon moi essentiel, si l'on veut sortir du colonialisme, de nous
reconnaître, peuples autochtones, en tant que composante intégrante de
la société qui a le droit d'exprimer et faire considérer ses points de
vue sur des débats de société tels que ceux entraînés par la Charte
(cohabitation harmonieuse des peuples, etc.).
Jean-Marc Piotte:![]()
Je suis un intellectuel et
un essayiste septuagénaire.
J’ai accepté avec plaisir de participer à ce film dirigé et produit par
un groupe de jeunes allumés et engagés. Avec eux, je promeus un Québec
qui reposerait sur la défense de la liberté, de l’égalité et de la
justice sociale dans un environnement sain.
Ryoa Chung:
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Je suis Ryoa Chung, professeure
agrégée au département de philosophie de l'Université de Montréal. Mes
champs de recherches sont en philosophie politique et éthique
contemporaines. Le projet de la Charte des valeurs québécoises
reconduit une vision appauvrie du principe de la laïcité, de l'idéal de
l'égalité des sexes et de notre projet de société. La séparation de
l'État et de l'Église est un fait accompli au Québec. L'article 50.1 de
la Charte québécoise des droits et libertés de la personne fonde le
principe de l'égalité des hommes et des femmes au sein de la société
québécoise sous lequel tous les accommodements raisonnables doivent être
subsumés. La laïcité bien comprise ne conduit pas à l'interdiction des
signes religieux ostentatoires. Au contraire, la protection de la
liberté de conscience est un des principes constitutifs de notre
démocratie libérale. Ne nous laissons pas distraire des véritables
enjeux socio-économiques et politiques qu'il faut appréhender en vue de
promouvoir l'égalité réelle de tous les citoyens québécois. Surtout
lorsque les droits fondamentaux de certainEs concitoyenNEs sont bafoués
au nom d'une conception erronée de la laïcité et une conception
incohérente de l'égalité.
Ianik Marcil:
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Je suis Ianik Marcil, économiste innovations technologiques,
transformations sociales, justice économique et économie des arts
et de la culture.
Nous vivons une époque trouble et troublée. Les problèmes de
toute nature auxquels nous faisons face nécessitent des actions
aussi urgentes que collectivement réfléchies et concertées. Le
Québec n'échappe pas aux immenses défis du monde contemporain:
analphabétisme, crises écologiques et alimentaires, délitement des
institutions, inégalités sociales et économiques... Que le
gouvernement du Québec ait décidé sciemment de jouer son va-tout
sur une question qui ne pose pas de problème majeur chez nous avec
sa Charte des valeurs fait en sorte que tout l'espace public soit
saturé de cette discussion a comme résultat désastreux non
seulement de polariser inutilement nos concitoyens mais, surtout, de
faire complètement l'impasse sur les véritables défis auxquels
nous devons faire face collectivement. C'est la raison pour laquelle
j'ai accepté avec plaisir de contribuer au documentaire La charte
des distractions. Car il s'agit bien du résultat final: distraire
les Québécois des véritables débats que nous devrions avoir.
Nédal Alnajjar et Manal Aoudeh:
Je suis Nédal Alnajjar, immigrant d'origine syrienne, je suis au
Québec depuis 13 ans. Ma femme s'appelle Manal Aoudeh, ma belle-mère
Fatima Hakim. Nous avons reçu 2 lettres d'intimidation. Ce qui nous
a motivé à prendre la parole, c'est la peur ou la crainte que le
débat sur la charte dérape. J'ai constaté que ce débat va très
loin, les propos haineux sont partout. Dans ce film, nous lançons un
appel au calme, au respect et à l'ouverture à l'autre.
Maryse Potvin:
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Mon nom est Maryse Potvin, je suis sociologue, professeure en sciences de l’éducation et chercheure au CEETUM.
J’ai décidé de participer à ce film parce que les droits de la personne
sont une partie centrale de notre identité et de l’histoire du Québec,
celle des luttes sociales menées par les femmes, les travailleurs, les
étudiants et les différents groupes “minorisés”, pour vivre dans la
dignité.
Bochra Manaï:
Je suis Bochra Manaï, étudiante au doctorat en Études Urbaines, je rédige en
ce moment ma thèse sur les Maghrébins de Montréal. Je traite tant
de leur organisation en tant que groupe que de leur spatialisation.
En tant que doctorante et future chercheuse, il était primordial
de mener des observations sur les immigrants et plus précisément
les Maghrébins face à ce débat automnal sur la charte des valeurs.
Il est également essentiel, en tant que militante sur des questions
citoyennes, de participer à un travail de documentation
cinématographique, car les questions sociales se doivent d'être
débattues par des medium divers.
J'ai décidé de participer à ce travail parce que la Charte nous
voile la face, en tant que société québécoise en définition,
parce que le rôle du chercheur est aussi d'interagir avec le social
et parce que parfois les images impactent l'esprit bien plus
largement que les mots.
Rémi Bourget:
Je suis Rémi Bourget, avocat. Je m'intéresse aux questions de
droit constitutionnel, incluant la protection des droits fondamentaux. Nous avons mis des milliers d'années à nous doter de droits
fondamentaux nous protégeant d'éventuelles dérives gouvernementales. Que
nous soyons francophone, handicapé, homosexuel, noir, juif ou musulman,
nous sommes tous la minorité de quelqu'un d'autre.
Permettre à un gouvernement de retirer des droits fondamentaux à
certains citoyens revient à affaiblir la protection dont jouissent tous
les citoyens. Malgré tout ce que ce terme a de galvaudé, la présente
lutte contre la charte des valeurs est un authentique combat pour la
liberté. Il est temps de choisir son camp.
Khadija Mounib:
Je suis Khadija Mounib. Économiste de formation, j'ai étudié au Maroc, en
France puis au
Canada. En 1993, j'ai immigré au Canada. Je suis auteure de plusieurs articles sur les problématiques d’insertion en
emploi des communautés culturelles au Canada et j'ai tenu de nombreuses
conférences sur les mêmes thèmes. J'ai vécu moi-même
l’expérience du cheminement migratoire et j'ai fait le choix de porter le hijab. Je me sens très interpellée par le dépôt de ce projet de loi. C'est la raison pour laquelle j'ai accepté de figurer dans ce
documentaire: pour parler de mon point de vue sur la question.
Voici notre première entrevue sur le film:
Pourquoi une campagne d'autofinancement ?
Pour des raisons d'indépendance, nous n'avons demandé aucun financement pendant la production du film.
Nous sollicitons votre appui pour faire rayonner le film et nous aider à diffuser la parole des intervenantEs qui ont accepté de livrer leur point de vue sur la charte.
Nous souhaitons que le film sorte d'abord en salle puis nous le rendrons public sur le web.
À quoi servira votre don?
Soutien à la diffusion: payer les frais de la 1er sortie en salle du film. 574.88$
Soutien à la promotion: site web et communications
(design, impression, diffusion, campagne web). Environ 1000$
Soutien à la traduction: sous titre anglais du film. 896,81$
Est-il nécessaire de partager le point de vue du film pour en faire la promotion?
Ce film est la contribution de trois médias indépendants au débat collectif sur "la charte des valeurs". En contribuant financièrement au projet ou simplement en parlant du film autour de vous, vous soutenez également le travail de 3 médias indépendants qui pendant toute l'année diffusent une pensée alternative.
Nous vous en remercions chaleureusement.
La date de la sortie en salle est maintenant arrêtée: 15 février au cinéma du parc. 3575 avenue du Parc, Montréal. Ouverture des portes à midi. Il y aura projection du film, échanges avec certains intervenants et questions du public.
La mise en ligne du film est prévue le 18 février à 18h au http://chartedesdistractions.com/ #chartelefilm
"Un pavé dans la mare pour
les stratèges du PQ. Les Québécois et Québécoises sont conviés à
participer activement à cet événement en ligne, le lancement du film «La
charte des distractions» sur le web, une première dans l'histoire du
cinéma documentaire au Québec. Écoutez le film, partagez-le, échangez,
discutez-en. Que vous soyez d'accord ou non, les enjeux sont cruciaux. À
partir de mardi soir, on ferme notre télé et on plonge collectivement
pour participer à cet événement unique sur les réseaux sociaux."
Nous comptons sur vous pour partager le film.
L'équipe des Alter Citoyens, de GAPPA et 99%Media vous remercie de vous intéresser au film en cours et de partager la campagne.